Book release: La norme du corps hybride

I am delighted to announce the release of the book (in French) La norme du corps hybride, drawn from my thesis in Cultural and Biological Anthropology (QUT, Brisbane and CNRS, France). The book is nicely illustrated by the physician Mélanie Sustersic. You will find few illustrations as attachments.

The book addresses fundamental topics with regard to the impact technologies and techniques have on the human body in health, the so-called hybrid body. This book proposes to unravel the different representations of the hybrid body and the projects that underpin them. It questions a unity of the hybrid being without falling into a reductionist vision of the refabrication of the human body; and gives an account of the adaptive possibilities of the human to the hybridization phenomena.

Thence this work concerns the fields of French studies, Philosophy (epistemology of the human body, phenomenology of perception), Cultural and Biological Anthropology (body-object, body-subject, body-project, adaptability to the prosthesis and auto-evolution), Anthropology in Health (patient-carer relationship and the notion of well-being), Art (the figure of hybridity) and Gender studies (Intersexuality).

Thank you!

The book can be found on the following link

http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=50410

Kind Regard/ Cordialement

monde_mecanique

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Comic strip n°5 _ Lilou the hybrid model

 

I am an°1.TRES hybrid model _ fashion prosth show

Human fall- in love

montage BMIs lilou

VISUAL PROJECT

With this artwork I explore the scientific researches and debates that are at stake with the hybrid body, from the military, philosophical, medical and theceforth (bio)cultural viewpoints. To use the medium of the drawings and illustrations is not just for fun: it allows the viewers (dilettante) to get the point in a easier way. Lilou’s acts and thoughts, who is a hybrid model, and her numerous real-life experiments, is fiction; however it’s strongly connected to the philosophical, ethical and anthropological issues in regard with the human body of our time.Next to the drawings the reader will be provided with a brief comment on the real techniques and/or technologies developed in today’s world.

N°1. Alternative Limb Project provides unique prosthetics to blend in with the body or stand out as a unique piece of art, reflecting the wearer’s imagination, personality and interests.

N°2. The Terminator vision is a project led by the DARPA (Defence Advanced Project Agency from the Pentagon’s far-out research branch) that enhances the military vision. DARPA has unveiled in December 2010 the Soldier Centric Imaging via Computational Cameras effort, or SCENICC. Imagine a suite of cameras that digitally capture a kilometer-wide, 360-degree sphere, representing the image in 3-D onto a wearable eyepiece. DARPA is dealing with the notion of an enhanced human, rather than repaired or reconstructed, requiring biomaterials (reconstruction materials external to the human body). The need for such humans seems obvious for the military, who, according to Michael Clark Goldblatt of DARPA, consider that “the human has become the weakest link, both physiologically and cognitively” (Roco, 2002 : 337). This is because “military systems are limited in their performance by the inability of the human body to tolerate high levels of temperature, acceleration, vibration or pressure or by human requirements in air, water and food” (Roco, 2002 : 291). For this reason, DARPA finances scientific research into the enhancement of human functional performance, in order to increase the efficiency of the fighting soldier (rather than teach him how to play the piano), by giving him physiological and cognitive super-capacities, and to minimise or reduce conflict mortality rates. As early as 1964, the “human amplifier” project, designed by Cornell Aeronautical Laboratory for the US Department of Defence, was one of the early attempts to bring a cyborg to life, now echoed in its more recent version of a future warrior. DARPA is running many other military projects.

Réflexion autour du corps hybride _ Oscar Pistorius

The Hybrid body soccer team

OSCAR PISTORIUS, PARADIGME DU CORPS HYBRIDE

L’homme réparé peut-il être égal au corps de l’homme normal ? Cette interrogation médico-éthique n’est pas sans rappeler les controverses des jeux Olympiques autour de l’athlète paralympique Oscar Pistorius _ coureur double amputé des jambes courant sur des prothèses en carbone surnommé « Blade runner » ou « l’homme le plus rapide sans jambe » _, lorsqu’il avait demandé à concourir avec la catégorie normale, après avoir remporté la médaille d’or des 200 mètres des jeux paralympiques de 2004. La commission des Jeux Olympiques lui avait refusé, après des expertises qui dénonçaient les prothèses en carbone portées par le sportif en tant que dopage prothétique. Le pouvoir législatif des jeux Olympiques avait rejeté l’axiome du corps bionique comme pouvant être égal au corps humain, préférant conserver au sportif olympique de la catégorie normale des caractéristiques humanistes et chrétiennes d’un modèle « 1.0 » du corps humain comme étant « naturel », dépourvu d’aspect machinique (Le Clair, 2005).

En 2007 Oscar Pistorius avait été interdit à participer à toute compétition internationale par l’ “International Association of Athletic Foundations”, qui dénonça ses jambes artificielles comme un avantage injuste sur les athlètes normaux au sein de la compétition. Pistorius avait donc vu sa demande refusée, ses prothèses en carbone ayant été jugées comme une augmentation trop avantageuse, constitutives d’un véritable dopage prothétique (Moutet, 2007a). En mai 2008 Pistorius fit appel auprès du Tribunal Arbitral du Sport et obtint gain de cause. Il échoua aux qualifications des jeux Olympiques d’été 2008 de Beijing à concourir avec la catégorie normale Il gagna trois médailles d’or au championnat de 2011 IPC Athletic World Championships, et deux titres en plus suivirent au 400-mètres et au 100-mètres, à la coupe du monde BT Paralympique. Au printemps 2012 Pistorius, à l’âge de 25 ans, se qualifia pour la course des 400-mètres avec la catégorie normale des Jeux Olympiques d’été de Londres. Il fût le premier handicapé, certes reconstruit avec des technologies très performantes, à pouvoir concourir dans la catégorie normale des JO.

Le comité des Jeux avait donc révisé son jugement, se retrouvant face à cette aporie essentialiste qui confère au corps handicapé, même reconstruit, un statut forcément inférieur à celui du corps normal (Pistorius n’a pas été sélectionné aux conditions de sélection de la catégorie normale, en 2008, pour faute de temps) ; de façon implicite, ce refus était impossible, car il mettait indirectement en défaut la structure même de la catégorie « paralympique », et la séparation essentialiste entre les catégories normales et handicapées : c’était nier les technosciences et la figure sportive reconstruite des technosciences. Selon Marcellini, « une lecture anthropologique de la pratique sportive des personnes handicapées, et plus particulièrement de ses récentes mises en scène photographiques, permet de montrer comment la figure de « la réparation technoscientifique de l’humain », figure valorisée et dont le sportif handicapé est emblématique, dessine les principes, les contours et les limites de ce processus de déstigmatisation. Et c’est sur une lecture du corps en mouvement et du corps communiquant que s’appuie alors le processus de catégorisation qui range les personnes déficientes d’une part dans une représentation débarrassée du discrédit, associée au gestus et référée à « la figure bionique de l’humain » et d’autre part dans une représentation stigmatisée, associée à la gesticulation et faisant resurgir la « figure fondamentale du handicap » (Marcellini, 2007 : 201). « Ce mouvement de déstigmatisation, on l’a compris, ne va pas sans le renvoi en retour du stigmate sur d’autres catégories recomposées du handicap, celles habitées par tous ceux dont les déficiences ne les autorisent pas à ce jeu des apparences. » (Ibid. : 214) Toute réflexion faite, regrouper ensemble sur une même course tous les handicapés reconstruits, et bien qu’ils aient des handicaps différents, semble peu clairvoyant – comment peut-on en toute vraisemblance donner les mêmes chances, par exemple, à un double amputé des jambes et à un amputé du bras à la course des 250 mètres ? – Le corps en tant qu’entité bionique a donc un avenir à jouer dans le sport, et la législation des jeux Olympiques est un paradigme à situer les enjeux culturels du corps humain entre normalité et pathologie, reconstruction et augmentation, acceptation culturelle de l’hybride et son rejet.

C’est ainsi que nos pratiques quotidiennes socioculturelles et sportives changent et continueront d’évoluer, troublant les frontières entre biologique et culturel, et imposant la notion du bioculturel. Face aux émergences de corps bionique et à l’utilisation des technologies, des séries de changements culturels, comme il s’en est déjà produit par exemple avec le cas d’O. Pistorius aux J.O., sont à prévoir. Pour Warwick, les JO eux-mêmes sont appelés à disparaître : « Je pense que cela [l’émérgence du corps hybride] va participer à la perte d’intérêt pour les jeux Olympiques, les gens deviendront moins intéressés, qu’est-ce que cela veut-il dire ? […] Ce sera différent, ça changera clairement, même le foot, dans peut-être 50 ans, il y aura une équipe de football robots, ou des équipes de football robots, les règles changeront ; vous disiez que les JO essaient d’exclure certains personnes ou technologies : c’est en scène, voyez, ça n’a plus qu’à changer. » (Warwick & Nicogossian, 2008b) notre traduction [1]. Ces remarques du célèbre cybernéticien rappellent les travaux de Joaquim Sitte, chercheur en robotique et systèmes artificiels neuraux, rejoignant le vaste champ des intérêts contemporains dans le développement des interfaces cerveau-machine qui a déjà mis au point un environnement de simulation de robots Khepera (où il est possible d’utiliser son simulateur pour construire une équipe de robots footballeurs [2].

L’idée de restauration du corps humain handicapé plafonné à un statut plastique inférieur au modèle anthropomorphe n’a pas d’intérêt pour les cybernéticiens (Warwick), ainsi se désolidarisent-ils du paradoxe majeur que l’on trouve dans les discours de la reconstruction plastique médicale _ qui portent au sujet de la reconstruction à l’identique du corps normal, pour une reconstruction à l’identique impossible. Effectivement, pour les cybernéticiens il s’agit de recréer une nouvelle espèce grâce à la bionique en tant que concept ; l’hybride s’autoproclame comme dépassant déjà l’humain et s’affirmant sur le plan adaptatif _ régulièrement, déjà, les considérations évolutionnaires au sujet de l’homme dans son environnement en tant que milieu normatif le sacrifie au profit de l’humain. Sans s’y arrêter, la notion de robot-esclave ne semble pas être une solution non plus, nos imaginaires à ce sujet attribuant au robot des qualités humaines. Pour les cyberthéoristes, tout corps humain est « handicapé » en rapport aux ressources que la bionique se propose d’apporter au corps humain. Ainsi, l’hybride en tant qu’homme augmenté se trouve résolument plus performant que l’homme non augmenté, et plus à même de se confronter aux questions d’adaptation et de survie dans une perspective évolutionnaire, auto-transformiste, car cette fois-ci c’est l’homme qui prend en charge sa propre évolution par le biais du bistouri.

Cette division entre la catégorie normale et paralympique, qui rassemble tout handicap confondu sans beaucoup de lien les uns aux autres, nous apparaît loufoque. En fait, l’homme réparé ouvre un espace de signification {homme + technologie}, qui devient alors le lieu de naissance de l’hybride. Dans ce cas, on peut alors confirmer, d’une façon plus honnête, utiliser le corps handicapé pour pratiquer, expérimenter, humaniser, institutionnaliser des techniques scientifiques et des technologies médicales du corps. Celles-ci s’entraînent sur le corps handicapé, en appelant de façon ultime à l’émergence d’un imaginaire hybride. La créativité scientifique de conception prépare l’acceptation culturelle de ce type de représentations en progrès, en devenir, sur le corps handicapé. Ces pratiques suivent une hiérarchie axiomatique du mieux au moins bien :
– le corps normal, est le modèle d’excellence, deux bras et deux jambes ; il sert de norme anthropomorphique, entre autres aux pratiques de reconstruction du corps ;
– le corps pathologique, ou handicapé, est l’objet des pratiques de réhabilitation en médecine ; le point de départ utile des expérimentations scientifiques ; lieu d’une véritable normalisation en médecine, il est stigmatisé ;
– le corps reconstruit (ou redressé) est considéré plus fonctionnel et/ou plus esthétique que le corps handicapé ; bien qu’il ne soit pas toujours nécessaire, car fréquemment moins fonctionnel que le corps handicapé non reconstruit, il est systématisé ; quand il fonctionne, il appartient de toute façon à une catégorie de corps humain inférieure à celle du normal ;
– le corps augmenté s’éloigne des critères normatifs de reconstruction anthropomorphe en ouvrant la possibilité d’une troisième catégorie, rejoignant un imaginaire du corps hybride ; nous observons alors un glissement sémantique de la norme, sous le joug d’un autre système normatif ; le corps hybride deviendra-t-il pourtant la nouvelle norme, et tout corps normal non augmenté deviendra-t-il handicapé?

[1] « Well I think it will just mean that the Olympic Games will lose, well people will become less interested what does it mean? […] Well it would be different, but it will change clearly, even in Soccer’ maybe in 50 years, there is gonna be a robot football team, or robot football teams, the rules will change, you said with the OG to try excluding certain people or technologies, but technologies, it’s on stage, it will just have to change. »
[2] http://servusrobotics.net

Human Brain Project

Technological Human Brain

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Artificial Intelligence

THE BRAIN

The Human Brain Project (HBP) is a research project which aims to simulate the human brain with supercomputers to better understand how it functions. The end hopes of the HBP include being able to mimic the human brain using computers and being able to better diagnose different brain problems, as well as to reconstruct an entire artificial human brain [1]. They work with Supercomputing Research, according to them, brain is a “magical machine”, working out on computer brain simulations of neurons.

It is directed by the École polytechnique fédérale de Lausanne and it is supported by the European Union as a ‘FET Flagship’ project and the 86 institutions involved will receive 1 billion euro in funding over 10 years (01/2013) [2].

The Human Brain project involves the deep ambition to fully understand the functional mechanisms of the human brain and to be able to build an artificial organ, notably after the Human genome project _ the HGP is an international scientific research project that started in 1989 with a primary goal of determining the sequence of chemical base pairs which make up DNA, and of identifying and mapping the approximately 20,000–25,000 genes of the human genome from both a physical and functional standpoint.

They actually started with the Blue Brain Project (2005), modelizing a rat brain to to create a synthetic brain by reverse-engineering the mammalian brain down to the molecular level.

Their belief is based on the human body as a machine. They rely on Descartes’ idea of the body as being totally independent of the mind, that is known as the mechanistic view and draws upon a metaphysical dualism body/mind (mind and body are understood as two distinct and separable substances).

[1] http://www.humanbrainproject.eu/
[2] http://europa.eu/rapid/press-release_IP-13-54_en.htm?locale=FR

Bionic man (London Museum, 01/2013)

bionic man at science museum (2013)rex-with-legs
Rex-Bionic-Man. One million dollars

BIONIC MAN @ LONDON SCIENCE MUSEUM.

Created for a Channel 4 documentary (01/2013) to prove just how closely technology can emulate the human body, Rex – short for “robotic exoskeleton” – has been put together by the Shadow robotics company using artificial limbs and organs borrowed from the laboratories of leading scientists from as far afield as New Zealand and San Francisco.

As well as prosthetic arms and legs, he has a functioning heart, lung, kidney, pancreas and spleen, artificial arteries that carry man-made blood, and a microchip that interprets images and acts as a rudimentary eye.

Rex has been modelled on a Swiss social psychologist Bertholt Meyer, who is himself an arm-amputee, and has a face hatmakes him his twin brother at all. The cost of this first “bionic man” is about $ 1 million.

The SF Soccer team (2008)

 Le Corps bionique

The matter in this painting was to express with a given group of individuals, eleven players on the field, lost limbs and reconstructed ones, following the range of possibilities plastic surgery practices offer: mechanical, myoelectrical, functional and/or aesthetical and bionic. The last “player” thanks to his numerous enhancements has already become a hybrid body, of which we don’t know anymore what is part of the human and what is part of the machine.

Reconstruction/ Augmentation of the HUMAN BODY

Augmentation

HISTORY OF THE HUMAN BODY: FROM RECONSTRUCTION TO AUGMENTATION

The non-reconstructed human body inscribed in early-Christianity was considered as an untouchable God’s creation, so was strictly forbidden its reconstruction. Then, the social and religious order has progressively allowed the reconstruction to the condition this latter was inscribed within the following dichotomy, between normal and pathological. Thenceforth practice of plastic surgery has developed in performing increasingly good reconstructions (connected to the progresses made in Medicine) up to start considering the plastic enhancement of the human body. How can we make a better body, to go beyond the human functions and aesthetics, in regard with the use of techniques and technologies.
This work with a left-arm amputee has underlined the visual comprehension of the lack of a limb, for amputees, and the evolution of the undertaken surgery (aesthetical and functional) from the attempts of reconstruction (prosthesis in wood) to its plastic augmentation (bionic prosthesis or brain-machine interface).