Un feuilleton en santé: Du gène à l’octet

Entre santé et science-fiction … une bio-anthropologue nous propose, par le biais d’une série originale en 4 épisodes, illustré par l’ingénieur INSA Romain Bulteau, d’explorer les devenirs possibles d’un monde où la technologie aurait progressivement remplacé l’humain, ainsi que les impacts de ce nouveau paradigme sur la nature même du soin.

Au gré de sa réflexion teintée d’anticipation, Judith Nicogossian nous offre de reconsidérer les choix qui s’offrent à nous et d’imaginer les futurs possibles du patient, du médecin et de l’hôpital.

« Du gène à l’octet », premier épisode de notre série, plante le décor et pose les règles du jeu. En effet, chaque épisode est introduit par une brève mise en situation dystopique, point de départ exploratoire de l’auteur, que nous vous proposons de découvrir sans plus tarder…

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Consulter Feuilleton Du gène à l’octet en ligne – accès libre

Book release: La norme du corps hybride

I am delighted to announce the release of the book (in French) La norme du corps hybride, drawn from my thesis in Cultural and Biological Anthropology (QUT, Brisbane and CNRS, France). The book is nicely illustrated by the physician Mélanie Sustersic. You will find few illustrations as attachments.

The book addresses fundamental topics with regard to the impact technologies and techniques have on the human body in health, the so-called hybrid body. This book proposes to unravel the different representations of the hybrid body and the projects that underpin them. It questions a unity of the hybrid being without falling into a reductionist vision of the refabrication of the human body; and gives an account of the adaptive possibilities of the human to the hybridization phenomena.

Thence this work concerns the fields of French studies, Philosophy (epistemology of the human body, phenomenology of perception), Cultural and Biological Anthropology (body-object, body-subject, body-project, adaptability to the prosthesis and auto-evolution), Anthropology in Health (patient-carer relationship and the notion of well-being), Art (the figure of hybridity) and Gender studies (Intersexuality).

Thank you!

The book can be found on the following link

http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=50410

Kind Regard/ Cordialement

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FORUM in Health – Connected bodies

Vers un homme augmenté?/ Towards an augmented body?

Frise temporelle, Dr Mélanie SustersicIllustration: Frise temporelle, Mélanie Sustersic (La Norme du corps hybride, Harmattan, 2015)

L’hybride soulève des controverses, car si la reconstruction et l’amélioration du corps de l’homme semble souhaitable, une aide fournie à un public handicapé pour communiquer, son augmentation soulève des questions bioéthiques, au sujet des limites corporelles et de la définition même de l’humain.

La refabrication de l’espèce humaine, cybernétique, génétique, ou la domination des robots incarnée par les progrès en intelligence artificielle, réveille des craintes épidermiques ou ataviques de fin du monde, d’effacement de l’espèce humaine, au mieux d’émergence de société technocratiques. Quels sont les contours, les enjeux, les limites de cette interaction entre corps humain et technologies ? Ces craintes sont-elles fondées ?

La critique du progrès interroge «pourquoi les hommes combattent-ils pour leur servitude comme s’il s’agissait de leur salut ?» (Deleuze et Guattari). La technologie, vendue par les discours publicitaires en tant que techniques pour améliorer le soi, est un moyen détourné d’accéder à l’éternité, en donnant naissance à des produits questionnables, illusoires, mensongers. Le contexte des technosciences, de production des savoirs et des outils, la fabrication d’une vérité scientifique, suit une logique de marché dans une perspective de «biopouvoir» (Foucault), de contrôle sur la vie.

La question sur l’hybride nous ramène finalement à la question sur l’humain, l’examen de son corps, sa corporéité, sa façon d’organiser le vivant, d’imaginer, son désir, ses frustrations, ce qu’il ne comprend pas, son sacré (qui n’est pas forcément religieux).

La réalisation hybride doit trouver un sens éthique, en respect de la réalisation d’une véritable ontologie, d’une corporéité neuve, pour le patient ; et ne se faire qu’à certaines conditions, du principe de réversibilité ontologique de la chair, d’une tradition de phénoménologie – il n’y a pas de touchant sans être touché -, il existe une corrélation étroite entre le praticien opérant un acte et le patient recevant cet acte ; d’un respect du ressenti de l’expérience hybride vécue des individus. La modification du schéma corporel implique non seulement l’aspect physiologique du corps humain, mais également psychologique, d’une identité, d’un regard à l’autre, du regard de l’autre sur soi, d’une plasticité cérébrale, une perception neurologique et émotionnelle.

Nous pouvons recourir aux interfaces, aux objets connectés, aux machines intelligentes, mais l’humain, pour son bien-être, ne doit pas se trouver isolé, aliéné, coupé de la situation de communication verbale et non-verbale (regard et espace interactionnel, toucher, corps en mouvement, geste, structure et perception du temps, métacommunication et propriétés non-phonémiques). Les technologies doivent se placer au service de la situation de communication, digitale et analogique, d’un humain toujours en interaction à un autre humain.

Au-delà du contexte normatif, l’hybride doit incarner une identité (trans)corporelle, une troisième catégorie, des techniques du soi inexplorées, une herméneutique du sujet – même s’il refonde d’autres normes juste derrière (repenser les dichotomies normal/pathologique, nature/artifice, homme/femme, humain/inhumain). Que l’inventivité scientifique aille dans cette direction. Gardons cependant en tête que nous connaissons encore peu de l’adaptation réelle du cerveau aux modifications hybrides, et très peu de la modification du schéma corporel, que ce soit au sujet de la différenciation de la plasticité neuronale, du temps entrepris, de ses marqueurs (comme la douleur par exemple) ; autant de facteurs qui ont un impact direct sur les possibilités de rééducation et les nouvelles conditions de vie.

A l’inverse d’un corps subjectivé par le biopouvoir, le corps hybride doit contribuer à éclairer la critique sur le caractère arbitraire des normes corporelles, qui façonnent le corps bioculturel de l’homme en société. Il est indispensable de ne pas oublier que tout analysable peut-être subverti et que le devenir de l’homme n’appartient qu’à lui, entre imaginaire et réalité, entre biologie et culture, la condition de son bien-être, libre à lui, entre recherche, connaissance, bioéthique et progrès, d’en redessiner les frontières.

Judith Nicogossian, docteur en anthropologie bio-culturelle

Suivre le lien en ligne sur le site du journal Libération

http://www.liberation.fr/evenements-libe/2015/11/12/vers-un-homme-augmente_1412818

Exponential medicine

 

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THE TECHIES AND EXPONENTIAL MEDICINE

A brain-machine interface (BMI) is a system comprising a direct communication pathway between the brain and an external device. Designing better interfaces: skin-like electronics (Dr John Rogers, University of Illinois, 2011) [1] [2].

This is a very important step towards developing the use of brain-machine interfaces in Health. Indeed the patient in the future will have the possibility to organize a complete check-up of his own health (electrocardiogram, encephalogram, blood pressure, temperature, electro-oculogram, electro-myogram, etc.) in using his cellphone augmented with few applications and electrodes (the “techies”). Then the data will be sent directly through to Health Centers and will be recorded without requiring the traditional visit to the doctor. A conference on “exponential medicine” was held in San Diego (11.2014) to “explore and leverage the convergence of fast moving technologies in the reinvention and future of health and medicine” [3] [4, in French].

Comic strip n°5 _ Lilou the hybrid model

 

I am an°1.TRES hybrid model _ fashion prosth show

Human fall- in love

montage BMIs lilou

VISUAL PROJECT

With this artwork I explore the scientific researches and debates that are at stake with the hybrid body, from the military, philosophical, medical and theceforth (bio)cultural viewpoints. To use the medium of the drawings and illustrations is not just for fun: it allows the viewers (dilettante) to get the point in a easier way. Lilou’s acts and thoughts, who is a hybrid model, and her numerous real-life experiments, is fiction; however it’s strongly connected to the philosophical, ethical and anthropological issues in regard with the human body of our time.Next to the drawings the reader will be provided with a brief comment on the real techniques and/or technologies developed in today’s world.

N°1. Alternative Limb Project provides unique prosthetics to blend in with the body or stand out as a unique piece of art, reflecting the wearer’s imagination, personality and interests.

N°2. The Terminator vision is a project led by the DARPA (Defence Advanced Project Agency from the Pentagon’s far-out research branch) that enhances the military vision. DARPA has unveiled in December 2010 the Soldier Centric Imaging via Computational Cameras effort, or SCENICC. Imagine a suite of cameras that digitally capture a kilometer-wide, 360-degree sphere, representing the image in 3-D onto a wearable eyepiece. DARPA is dealing with the notion of an enhanced human, rather than repaired or reconstructed, requiring biomaterials (reconstruction materials external to the human body). The need for such humans seems obvious for the military, who, according to Michael Clark Goldblatt of DARPA, consider that “the human has become the weakest link, both physiologically and cognitively” (Roco, 2002 : 337). This is because “military systems are limited in their performance by the inability of the human body to tolerate high levels of temperature, acceleration, vibration or pressure or by human requirements in air, water and food” (Roco, 2002 : 291). For this reason, DARPA finances scientific research into the enhancement of human functional performance, in order to increase the efficiency of the fighting soldier (rather than teach him how to play the piano), by giving him physiological and cognitive super-capacities, and to minimise or reduce conflict mortality rates. As early as 1964, the “human amplifier” project, designed by Cornell Aeronautical Laboratory for the US Department of Defence, was one of the early attempts to bring a cyborg to life, now echoed in its more recent version of a future warrior. DARPA is running many other military projects.